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Quelques concepts sur la salsa pour commencer

Date: juin 11, 2014 Publié par: Fito

Lorsqu'on parle de danser la salsa, cela ne signifie pas, par exemple, danser le bolero, et le merengue, bien que les orchestres de salsa puissent aussi interpréter ces genres musicaux.

Bien danser la salsa exige d'en comprendre le fondement rythmique, souvent déroutant pour les néophytes. La salsa est basée sur une cellule rythmique de deux mesures appelée clave.

Le terme Clave ("clé" en français) désigne á la fois un instrument de musique et un rythme. L'instrument; il est composé de deux battons de bois dur, l'un posé sur la main gauche (qui forme une caisse de résonance) et l'autre utilisé comme une baguette dans la main droite et que l'on frappe l'un contre l'autre

Le rythme Est formé de deux séquences rythmiques de 4 temps, répétées pendant toute la chanson, voici la séquence de la clave de son 3/2:

- 1ère partie dans les premiers quatre temps de 3 coups : CHOC - CHOC - CHOC

- 2ème partie dans les deuxièmes quatre temps de 2 coups : CHOC - CHOC

Le rythme

Le rythme peut se jouer soit en commençant par la première partie, soit par la seconde. Ainsi on parle de clave de son (3/2) quand la structure rythmique est d'abord les trois chocs, puis les deux chocs; ou clave de rumba (2/3) quand on commence avec la structure inverse. (voir image ci-contre). Il existe aussi la clave de rumba (3/2), aussi appelée clave negra (clé noire) et qui est différente d'un seul coup de la clave de son. Le danseur doit tenir compte de cette clave. Comme conception rythmique, la clave sera toujours présente dans la musique, même si on ne l'entend pas.

La danse

La salsa se danse en couple, la femme saisissant légèrement de sa main droite la main de son cavalier de manière qu'il puisse aisément la manoeuvrer. Le pas de base - un pas chassé qui démarre sur le premier ou sur le deuxième temps, selon les styles et les pays, s'exécute d'avant en arrière, la femme en miroir par rapport á l'homme, bien qu'il existe aussi des pas latéraux et croisés, nombreux tours, des ouvertures et fermetures et autres figures. Les morceaux des orchestres cubains comportent toujours deux parties : Dans la première, le thème mélodique et textuel est donné, et le couple en profite pour se mettre en jambe, s'accorder et jauger les capacités d'interaction du partenaire en exécutant quelque tours (vueltas) plus o moins compliques. On appelle cela "danser casino".

Dans la seconde partie une cassure très nette est perceptible : Les instruments et le soliste se mettent á improviser á tour de rôle. Cette partie peut être très longue en concert, si le public de danseurs y réagit bien. Tout en gardant le rythme et la "compénétration" avec le partenaire, chacun se plaît á rivaliser de maîtrise dans le "despelote", improvisation où la souplesse du bassin, les tremblements d'épaules et le contact physique (au niveau de pelvis) sont á l'honneur. On voit ainsi couramment l'homme et la femme collés l'un contre l'autre (de face, de dos), rouler des hanches á l'unisson ou secouer très rapidement leur bassin d'avant en arrière. La symbolique sexuelle est ici sans ambiguïté, et même s'il s'agit quelque fois d'un jeu, les partenaires de "despelote" collé sont en général déjá couple, ou en passe de le devenir.

Source : "Danses latines : le désir des continents" / Dodier-Apprill, Elisabeth. Paris : Auterment, 2001.365 p.